Faire grève et manifester pour son "public"

Quant les administrations font grève pour le bien de leur "public": patients, chômeurs, résidents d'une collectivité ...

Une démarche qui se fait rare, au bénéfice de la défense des agents publics, et dont la portée sur la société est très variable

Dans cet article du Monde (8 juin 2020 : l'attractivité de l'hôpital), décrivant la difficulté à recruter de l'hôpital public en France, on note que, je cite, "Les gens ne sont pas descendus dans la rue pour leurs salaires mais parce qu’ils avaient l’impression de ne plus arriver à s’occuper correctement de leurs patients". Avec la crise du Covid, ce fondement des grèves et manifestations des soignants, qui pré-existaient à la crise, a pris une portée plus large auprès de la population ainsi que l'atteste la présence de non-soignants dans les manifestations qui ont suivi le pic de l'épidémie.

Avant la création de Pôle Emploi, les agents de l'ANPE faisaient également grève et manifestaient pour leur défense et pour les chômeurs, défendant ainsi leur perception de leur rôle d'agent public, au service d'une population.

Selon Dewey (Le public et ses problèmes, Dewey John, 1927), le rôle de l'agent public est de comprendre les problèmes de la population qu'il sert, pour proposer des actions répondant aux besoins identifiés. C'est dans ce simple résumé que se retrouvent de très nombreux agents publics, qu'ils soient de la fonction publique hospitalière, la plus au front récemment, de la fonction publique d'Etat, ou de la fonction publique territoriale. Et cela a fondé nombres de mouvements sociaux du secteur public.

Pour l'hôpital public, ces manifestations, avant la crise, avaient une portée limitée sur la société et partant, sur les décisions politiques, se révélant incapables de réellement peser sur des tendances politiques de fond, comme le principe de réduction des lits à l'hôpital. Récemment, une lettre ouverte de l'hôpital psychiatrique du Vinatier, en son temps le plus en pointe dans la prise en charge psychiatrique, n'avait guère eu de portée au-delà d'un certain cercle de personnes parties prenantes des problématiques psychiatriques.

Après la crise sanitaire, le mouvement des soignants a gagné en portée, dans la société, médiatiquement et potentiellement, avec les "Segur", politiquement.

Reste à voir ce qu'il adviendra de cette dynamique une fois le plus fort de la crise passée. Les applaudissements ont cessé, est-ce que le soutien aux soignants va lui aussi retomber ? 

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